A l’occasion du mois de l’ESS (pendant le tout le mois de novembre), a eu lieu mercredi 24 novembre au Stade des Alpes une journée pour l’emploi social et solidaire . La journée, mise en place par Dédale, était organisée en collaboration avec Alpesolidaires, Cap Berriat et Vecteur Activités. 

Décomposée en 3 temps, la journée proposait une table ronde sur le thème de la qualité de vie au travail, un atelier pour tout apprendre sur les aides, mesures et dispositifs pour l’inclusion (professionnelle). Et une après-midi consacré à un job dating avec des professionnels du secteur de l’ESS.

 

De 9h à 10h30 : Réflexion sur la qualité de vie au travail

 

Organisé sur le format d’une table ronde, ce temps de travail invitait plusieurs structures à partager leurs réflexions sur les possibilités d’amélioration de la qualité de vie au travail. 

La première intervenante, Emmanuelle Puissant, Maîtresse de conférence au Centre de Recherche en Économie de Grenoble, insiste sur une vision de l’ESS qui ne doit pas être exclusivement médico-sociale. Il lui apparaît important également de lier qualité du travail et qualité des services.

Corine Bokhobza, représentante d’Alma, coopérative d’édition de logiciel et de service, expose la situation des salariés de son entreprise. Avec un turn over assez faible (12 ans de présence moyenne dans l’entreprise), Cette Scop reverse 50 % de ses bénéfices à ses salariés et leur offre la possibilité de s’associer après un an dans la structure. Cette participation au projet commun renforce la cohésion du groupe et donc améliore la qualité de vie au travail.

Olivier Andrique directeur de Cap Berriat, pépinière associative qui accompagne les projets de jeunes entrepreneurs, souligne le besoin de développer des coopérations autant que possible. La question du burn out est aussi soulevée et révèle selon lui bien plus un manque de sens qu’une surcharge de travail. 

Vincent Rabillard, directeur du Pôle Insertion d’Aide à Domicile (PIAD) de la Mutualité Française Isère  prend à son tour la parole. Le PIAD, qui propose des contrats d’usage d’intérim et un accompagnement socioprofessionnel, considère qu’il est important d’établir des liens réguliers avec les autres structures, de développer des partenariats et de créer des collaborations. Il rappelle également que le logement est un élément essentiel de la qualité de la vie et par ricochet, constitutif d’une bonne qualité de vie au travail. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le PIAD à été l’un des initiateurs du projet de rénovation de la Villa Clément   située au pied de la Bastille à Grenoble (en partenariat avec l’Oiseau Bleu et le Relais Ozanam).    

Pour finir, Benoît Georges de Vecteur d’activité, coopérative d’activité, d’emploi et de multi activités, propose quelques pistes de réflexion. Entreprise autogérée (36 salariés dont un seul permanent), sa vision est de mettre l’accent sur toutes les formes d’émancipation, développer la culture coopérative, favoriser l’éducation populaire ou le travail libre. De manière générale, il est d’après lui important de s’intéresser à toutes les nouvelles formes de travail et d’en dégager des pistes nouvelles pour l’avenir.

A la fin de cette table ronde, un représentant de Territoires zéro Chômeur de Longue Durée est invité à partager ses réflexions. Territoires 0 chômeur de longue durée est une expérimentation lancée en 2017 sur 10 territoires en France à laquelle de nouveaux territoires candidatent, notamment dans le Trièves. Le chômage de longue durée se pérennise. Afin de le voir diminuer, une des pistes est d'en revenir au territoire en questionnant ce dont il a besoin. Les entreprises à but d’emploi (EBE) sont alors un moyen de résoudre la question du chômage sur un territoire donné puisqu’il s’agit de produire des emplois adaptés aux personnes que ces entreprises embaucheront. Ces emplois ne concurrencent pas les emplois existants qu’on appelle d’ailleurs “emplois complémentaires”. L’idée est simple, il s’agit de rediriger les budgets publics issus des coûts de la privation d’emploi pour financer les emplois manquants en assurant de bonnes conditions de travail.

 

 

10h30-12h : Atelier sur les aides et mesures à l’inclusion

 

L’inclusion désigne l’ensemble des actions menées par une entreprise visant à prévenir les situations de discrimination liées notamment au handicap, à l'âge, à l’origine sociale ou culturelle, au genre, à l’orientation sexuelle, à l’apparence physique ou à la situation sociale. 

En 2ème partie de matinée, l’atelier avait vocation à expliquer les aides et mesures pour mieux comprendre les intentions des politiques publiques, les publics et thématiques cibles. Deux logiques sont sous-jacentes, orienter l’embauche vers une typologie de publics et permettre l’acquisition de compétences indispensables à la tenue du poste. Les publics cibles et prioritaires sont mouvants en fonction du contexte. Actuellement il s’agit des DELD, BRSA, les personnes en structure SIAE, les résidents des quartiers prioritaires de la ville (QPV), les femmes isolées, les seniors et les décrocheurs.

Ces publics sont ciblés par des dispositifs. tels que le plan d’investissement compétences, la garantie Jeunes à l’emploi ou encore le plan “1Jeune1solution”. 

Ces dispositifs comportent néanmoins des points d’attention. Par exemple, les critères et les notions peuvent varier au gré de la conjoncture (nationale ou territoriale) comme le choix des orientations publiques.  La définition des publics cibles est également soumise à des variations en fonction de la politique choisie ou de sa réorientation, ou de l’épuisement des budgets alloués.

Il apparaît en tout cas qu’une aide ou une mesure est efficace lorsqu’elle s’inscrit dans une logique où tous sortent gagnants, salariés comme entreprises. Lorsque une mesure est utilisée uniquement  pour embaucher à bas coût, elle produit une altération du travail et de l’emploi au détriment de l’individu, de l’entreprise et donc très souvent des deux parties. 

 

Des mesures très spécifiques concernant les associations sont mobilisables : 

- Le FONJEP (Fonds de coopération de la Jeunesse et de l’éducation populaire) qui a pour mission de renforcer le développement des projets associatifs de jeunesse et d’éducation populaire (jusqu’à 7.000 euros par an pendant 3 ans)

- Le FONPEPS (Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle) , aide à l’emploi pour les salariés du spectacle (jusqu’à 10.000 euros par an pendant 3 ans)

- l’ANS (Agence Nationale du Sport), aide pour le recrutement d’un jeune dans une association sportive (jusqu’à 40 % du salaire dans la limite de 12.000 euros)

 

Actuellement, une attention particulière et très forte est mise sur les jeunes, sur la formation et sur les publics porteurs de handicap. Des aides supplémentaires peuvent donc s’ajouter, telles que :

- Une aide de 5000 ou 8000 euros pour le recrutement d’un jeune en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation (mesure prolongé jusqu’au 30 juin 2022)

- le CIE et PEC Jeunes majorés (entre 47 et 80 % du SMIC, voir au-delà en cas de cumul de facteurs)

Le ministère du travail, de l'emploi et de l’insertion à mis en place en avril 2020 une plateforme pour l’inclusion et qui permettra de retrouver toutes les aides, démarches et emploi concernant l’inclusion.

 

13h30-16h30 : job dating

 

L'après-midi était consacré à un job dating ouvert au public. Les visiteurs ont ainsi pu se promener parmi 25 stands de structures de l’économie sociale et solidaire proposant des offres d’emploi, de stages et de formation.

 

 

 

Giovanella Frédéric Pour Alpesolidaires

 

 

 

 

 

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