Unis-Cité : acteur de l'engagement citoyen des jeunes

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Le Service Civique se développe et l'on compte aujourd'hui 80 000 volontaires en France. Unis-Cité accompagne 2000 de ces jeunes en France dont 50 sur Grenoble.
 
Une vision et des valeurs
 
Le cœur de métier d'Unis-Cité est de recruter et d'accompagner des jeunes en Service Civique. Chaque promotion est constituée d'une cinquantaine de volontaires et subdivisée en groupes de quatre. Unis-Cité fait le pari de la diversité en prenant soin de mélanger des jeunes d'âges et de parcours différents au sein de chaque équipe.
 
Cette structure d’inter-médiation fait le lien entre les jeunes et les organismes d'accueil. Myriam Zaghouane, responsable d'antenne à Unis-Cité Isère, est sans cesse à la recherche de nouveaux partenariats et missions pour les jeunes volontaires. Les thèmes sont aussi variés que l'environnement, l'intergénérationnel ou la maladie mentale. 
 
Le Service Civique est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans, cependant, Unis-Cité est actuellement la seule structure d'accompagnement de Services Civiques à accueillir les mineurs. Les équipes comptent des jeunes en décrochage scolaire ainsi que des bacheliers et des personnes plus diplômées. Unis-Cité propose par ailleurs des missions de 9 mois concomitantes avec l'année scolaire. Ce choix permet aux volontaires de réintégrer une formation à la suite de leur engagement s'ils le souhaitent.
 
Neuf journées de formation sont proposées au cours de la mission, sur des thèmes liés à l'engagement civique tels que les institutions françaises et européennes, mais également sur la préparation au projet d'avenir et sur des sujets en lien direct avec les missions proposées. Ainsi, les jeunes travaillant sur des projets intergénérationnels sont invités à réfléchir au comportement à adopter avec des seniors. 
 
 
Un besoin de définition
 
Le Service Civique, dispositif d'état créé en 2010, se définit souvent par la négative, la mission du volontaire ne devant se substituer ni à celle des salariés, ni à celle des stagiaires. Afin de répondre à ce manque de clarté, Unis-Cité fait un travail de définition sur ce que peut être une mission de Service Civique. Myriam Zaghouane cherche des missions de solidarité locale qui ne puissent pas être réalisées par des salariés. La différence est parfois subtile mais existe toujours, par exemple, les volontaires rendant visite à des personnes âgées ne sont pas auxiliaires de vie, ils réalisent des visites de convivialité et n'effectuent aucune tâche ménagère. 
 
Autre différence avec le salariat : la flexibilité des tâches à accomplir. En début de mission, les jeunes se voient confier une fiche projet leur donnant la thématique à aborder : la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les lycées, l'animation dans des maisons de retraite ou encore l'organisation d’événements avec un public atteint de pathologies mentales. Ces thématiques sont volontairement larges afin de permettre aux jeunes d'orienter les projets en fonction des envies et des compétences de chacun. N'étant pas professionnels du domaine concerné, ils portent sur ces sujets un regard neuf et empreint d'une spontanéité et d'une certaine fraîcheur au sien d'équipes de professionnels aguerris.
 
Il s'agit bien d'un entre-deux qui se situe à mi-chemin entre les études et le monde du travail. Unis-Cité propose un cadre hybride, avec notamment une procédure disciplinaire en cas de retards, visant à préparer les jeunes au monde du travail. 
 
 
Des motivations diverses
 
Les attentes et les motivations poussant les jeunes à candidater à un Service Civique sont plurielles et dépendent principalement de l'âge auquel ils postulent. Les plus jeunes, souvent en décrochage scolaire, souhaitent reprendre un rythme et se re-socialiser pour pouvoir ensuite rebondir et reprendre des études. Les jeunes de 18 à 20 ans sont souvent en recherche d'orientation après le bac ou à la suite d'une première année de fac qui n'a pas répondu à leurs attentes. Enfin, les plus âgés s'engagent pour acquérir une première expérience professionnelle. Tous recherchent l'engagement citoyen.
 
Quels bénéfices personnels pour le Service Civique ? Une plus grande confiance en soi et un affinement du projet professionnel ainsi, six mois après leur volontariat, un tiers des jeunes ont repris des études, un tiers ont trouvé un emploi et un tiers se cherchent encore. 
 
 
Des évolutions et un risque de dérives
 
Le développement du Service Civique comporte un risque de professionnalisation du volontariat ainsi que l'explique Myriam Zaghouane. Des dérives ont pu être observées au cours des dernières années : l'éducation nationale dispose notamment de 2000 agréments de Service Civique, réalisés au sein des établissements scolaires sur des missions de surveillants. Par ailleurs, certaines offres de volontariat demandent explicitement des compétences ou diplômes spécifiques, ce qui va à l'encontre des fondements du dispositif. Ces offres font écho à l'augmentation du nombre de jeunes diplômés ne trouvant pas de poste salarié dans leur domaine.  
 
Le Service Civique a été conçu pour être accessible à tous les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant s'engager. La réalité est cependant tout autre, Unis-Cité étant la seule structure en France à accueillir des jeunes mineurs. De ce fait, l'association reçoit un grand nombre de candidatures de personnes ayant moins de 18 ans. La volonté de constituer des équipes mixtes ne lui permet cependant pas de répondre à l'importante demande des jeunes en situation de décrochage scolaire. Les jeunes mineurs représentent ainsi 15% des volontaire d'Unis-Cité en Isère, les 18-21 ans sont le cœur des groupes constitués avec 55% des effectifs et les 22-25 ans représentent 30%.
 
Le Service Civique est aujourd'hui au centre des préoccupations politiques. Faut-il le généraliser ? Pour Myriam Zaghouane, le dispositif devrait être ouvert à chacun mais rester sur la base du volontariat. Selon elle, l'engagement personnel des jeunes est un facteur essentiel du succès des missions.
 
 
Le Service Civique est ainsi un dispositif connu mais souvent mal compris qui répond aujourd'hui à des besoins sociaux et environnementaux locaux par l'intermédiaire de jeunes ; il permet à ceux-ci de s'engager et de trouver un sens à leur orientation professionnelle.

A propos de l'auteur

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L’association Alpesolidaires a été créée en novembre 2004 et réunit des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de l’agglomération grenobloise autour d'un projet territorial de l'ESS.
 
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