Stéphanie Stevan, l'engagement pour un quotidien Zéro déchet

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Stéphanie Stevan, 43 ans et mère de deux enfants, essaie, avec son conjoint, de réduire les déchets produits au niveau de leur foyer. Un cheminement qui l'a amenée à questionner les normes de consommation de notre société.

« Tout a commencé avec l'arrivée des enfants »
 
Pour Stéphanie, les enfants, tels qu'on les éduque aujourd'hui, induisent une importante quantité de déchets. Le nombre de couches et de petits pots jetés chaque jour eut l'effet d'un électrochoc ! « Avant cela, j'étais sensible à l'écologie sans que cela ne m'ait particulièrement touchée ».
 
Cette conscientisation fut renforcée par des voyages réalisés dans le cadre de son travail. Stéphanie a ainsi voyagé en Iran et en Inde, où la vue des bidonvilles, des déchets amoncelés au sol et des sacs plastiques amassés dans les arbres à la sortie des mégalopoles, l'ont questionnée sur ce qu'il advenait de nos déchets une fois sortis de nos foyers : qu'est ce qui était réellement recyclé ? Et où allait le reste de nos ordures ménagères ?
 
 
Vers la simplicité heureuse
 
Suite à cette prise de conscience, Stéphanie essaie les couches lavables et commence à préparer elle-même les repas de ses enfants. Après avoir déménagé de Paris à Grenoble, ils réduisent leur consommation d'énergie en participant au défi "Familles à énergie positive" et commencent à acheter en vrac, à composter et à faire certains produits ménagers eux-mêmes. « Une fois lancée dans la démarche, je me suis aperçue que l'on avait besoin de très peu de produits d'entretien ! ».
 
Elle s'est ainsi aperçue que « le mieux est l'ennemi du bien » et qu'il suffisait parfois de revenir à des modes de consommation passés, tombés en désuétude, pour pouvoir adopter un mode de vie Zéro déchet. Cette démarche l'a amenée à un questionnement de ses besoins réels et vers une réduction de ceux-ci : « un allègement financier mais qui libère également de l'espace mental ».
 
À qui lui répond que ce mode de vie prend du temps, Stéphanie répond que c'est une question de priorité. De même, elle a choisi de manger bio et d'investir dans une alimentation saine aux dépends de certains loisirs : elle souhaite se diriger vers un idéal de simplicité heureuse.
 
 
Les obstacles le long du chemin...
 
Après dix ans de cheminement, certains challenges persistent : la litière du chat, les produits de substitution aux laitages (laits végétaux, margarine, etc.) ainsi que les bocaux en verre qu'ils accumulent plus vite qu'ils ne peuvent les réemployer.
 
Le plus gros challenge de ce mode de vie ? « Apprendre à refuser le sac à la boulangerie, le tract à la sortie de l'école… Certains commerçants sont réticents car leurs emballages comportent des publicités et ils doivent contractuellement les distribuer à leurs clients. » Enfin, il faut parfois accepter ses échecs : « je n'ai jamais réussi à faire ma propre poudre pour lave vaisselle ! ».
 
 
Quels conseils pour quelqu'un souhaitant se lancer dans l'aventure du Zéro déchet ?
 
Stéphanie conseille de commencer petit à petit et d'aller vers ce qui vous intéresse. Vous êtes passionnés de cosmétiques ? Apprenez à les faire vous-même ! Vous avez l'âme d'un chef cuisinier ? Faites les goûters de vos enfants ! « C'est une démarche ludique et vous en tirerez une grande satisfaction... Faites les choses par plaisir et non par contrainte ! ».
 
Notre « zéro-wasteuse » confirmée conseille également d'éviter l'accumulation : réduire ses besoins est l'un des fondements du Zéro déchet ! Elle explique également qu'il est important d'aller à la rencontre de personnes étant dans la même démarche. Pour cette raison, elle a rejoint le collectif Zero Waste Grenoble. Cela vous permettra d'échanger recettes et astuces dans une ambiance chaleureuse.
 
 
Enfin, Stéphanie est dans une démarche globale allant au-delà du Zéro déchet : elle prône également un idéal de vie. Ainsi, ingénieure de métier, elle prend actuellement une année sabbatique pour réfléchir à un futur professionnel qui soit en alignement avec ses valeurs et son besoin de trouver du sens dans ce qu'elle entreprend.
 
 
Pauline Vulliod pour Alpes Solidaires  

A propos de l'auteur

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