Service Civique : Alizée, Elaine, Guillemette et les autres

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Depuis la création du Service Civique en 2010, 200 000 jeunes se sont engagés pour des missions d'intérêt général. Alizée, Elaine et Guillemette ont vécu cette expérience riche et formatrice.
Le Service Civique une porte vers le monde du travail
 
Alizée, Elaine et Guillemette se sont toutes trois tournées vers le Service Civique à la fin de leurs études.
 
Elaine, 26 ans, a trouvé sa voie lors d'un Service Volontaire Européen qu'elle a effectué entre une licence de biologie et un master en développement durable. C'est donc tout naturellement qu'elle s'est orientée vers le Service Civique à la fin de ses études : « je ne trouvais pas de poste et je ne me sentais pas réellement capable d'avoir un emploi salarié parce que j'estimais ne pas avoir les compétences nécessaires. […] Le Service Civique s'est donc imposé comme une évidence. » Elle a ainsi réalisé un Service Civique de 7 mois sur la transition énergétique avec Unis-Cité au sein des services techniques d'une ville de l'agglomération grenobloise. 
 
Alizée, 25 ans, a postulé à un Service Civique à l'obtention de son master en médiation art et culture, après une licence d'art plastique et un DUT de chimie. C'est sur le site internet Rhône Alpes Solidaires qu'elle a trouvé la mission d'accompagnement à la création d'une Accorderie dans le Nord Isère proposée par l'UMIJ ; une mission pour laquelle elle fut recruté en octobre 2016.
 
Enfin, Guillemette, 25 ans, a fait une licence pro Chargé des Services Généraux et Logistique Humanitaire, suite à quoi elle a commencé une recherche d'emploi qu'elle a ouvert aux Services Civiques. Attirée par une mission de soutien logistique et administratif à l'organisation d'une conférence européenne au sein de l'association Monde Pluriel, elle a postulé à ce volontariat ; cette mission de 6 mois lui permettant de mettre en pratique ses compétences, tout en découvrant le monde associatif.
 
Une liberté d'action
 
La liberté d'actions est une constante dans les témoignages de ces trois volontaires. Chacune met l'accent sur la possibilité d'être force de proposition ; Alizée et Elaine ont notamment pu mettre en œuvre des projets personnels dans un environnement de travail qui autorise l'erreur et encourage l'expérimentation. Guillemette explique avoir eu une mission plus cadrée. Elle décrit néanmoins des prises de décisions communes et des débats participatifs au sein desquels sa voix à toujours été entendue. 
 
Un statut peu défini
 
Le Service Civique est un dispositif qui vise à compléter les missions des salariés et des bénévoles sans s'y substituer. Cet équilibre est parfois difficile a trouver et nécessite une période d'adaptation pour que chacun prenne ses marques. Alizée et Elaine étant les premières Services Civiques accueillies dans leurs structures, ont dû construire leur place et faire de la pédagogie concernant le rôle et la valeur ajoutée des Services Civiques, tant vis à vis de leurs collègues que de leurs partenaires extérieurs. 
 
Alizée dénonce par ailleurs un flou administratif lié au statut de volontaire : « je ne suis ni salariée ni demandeur d’emploi », une situation qui complexifie les démarches pendant et après le Service Civique. 
 
Malgré cela, Guillemette explique avoir tout de suite pris ses repères grâce à une mission bien définie et à une équipe bienveillante. Pour elle la difficulté résidait davantage dans le fait de comprendre l’entièreté des projets de l'association en 6 mois. 
 
Des valeurs fortes 
 
Le Service Civique vise à favoriser le vivre ensemble en mettant en contact des jeunes d'origines culturelles et sociales diverses, pour réaliser ensemble une mission d’intérêt général. Pour Elaine, le Service Civique est une chance, il permet de prendre confiance en soi et en ses compétences. Le Service Civique, tel que défini par l'Agence du Service Civique, est un dispositif qui se veut non-discriminant et qui ne doit donc pas recruter sur la base des diplômes ou des qualifications. Elaine explique : « le Service Civique donne sa chance à chacun, [...] ce n'est pas censé être un emploi caché. Créer des offres de Service Civique qui exigent des compétences particulières, parfois même un Bac+5, c'est se méprendre sur la nature même du Service Civique tel qu'il a été imaginé. ».
 
Un accompagnement 
 
Le dispositif du Service Civique prévoit un suivi des volontaires. Celui-ci peut être effectué par la structure d'accueil ou externalisé. Alizée et Elaine ont toutes deux eu accès à des formations ayant directement trait au Service Civique ainsi que des formations traitant plus spécifiquement du domaine de leur mission. Elaine a également participé à des ateliers portant sur la recherche d'emploi et le projet professionnel. Guillemette, quant à elle, a été formée aux méthodes de débat participatif et fut accompagnée au quotidien par une tutrice tout au long de sa mission.
 
Une expérience forte
 
Toutes ont eu une expérience différente et unique mais s'accordent à dire que le Service Civique fut une période riche humainement et professionnellement. Guillemette explique que le Service Civique a complètement répondu à ses attentes : « j'ai gagné en rigueur et en organisation dans mon travail. Cela m'a permis d'avoir plus confiance en moi et en mes aptitudes personnelles et professionnelles. Cela m'a permis de gagner une expérience dans l'organisation d’événements au niveau européen et ce fut une expérience intéressante et riche en terme d'échanges et d'interculturalité. »
 
Un éclairage sur le futur
 
Le Service Civique a de multiples fonctions : pour Alizée, cette expérience a été un révélateur sur le plan professionnel : « les valeurs de l’éducation populaire sont mes valeurs. C’est au-delà d’une profession, pour moi, c’est du militantisme. » Six mois après le début de sa mission elle a ainsi arrêté prématurément son contrat de Service Civique pour reprendre des études et préparer le Diplôme d’État de la jeunesse de l’éducation populaire et du sport. Elle a été embauchée en alternance par sa structure d'accueil. 
 
Le Service Civique peut également permettre de recentrer un projet professionnel comme l'explique Elaine « j'étais un peu perdu avant le Service Civique. Je ne savais pas quelles compétences j'avais ni comment les mettre en avant. » Au cours de son Service Civique, Elaine a non seulement pris confiance en elle et en ses compétences, mais elle en a également développé de nouvelles et appris à les valoriser aux yeux de potentiels employeurs. Elle reçoit aujourd'hui des retours positifs sur ses candidatures.
 
Enfin, le Service Civique peut être une porte ouverte sur un monde nouveau, comme ce fut le cas pour Guillemette qui, après plusieurs stages dans des grosses entreprises sans y trouver sa place, a souhaité se tourner vers autre chose. La découverte du monde associatif et de l'engagement citoyen ont confirmé son envie de travailler sur des initiatives utiles et à caractère militant. Guillemette travaille aujourd'hui comme assistante administrative à la Fédération des Œuvres Laïques de Haute Savoie, dans le secteur des accueils éducatifs. 

A propos de l'auteur

Alpesolidaires Association

L’association Alpesolidaires a été créée en novembre 2004 et réunit des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de l’agglomération grenobloise autour d'un projet territorial de l'ESS.
 
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