Questions à Julien Allaire, président d'Un Ptit vélo dans la tête, Grenoble

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Questions à un jeune président d’association locale

De quelles manières vous impliquez-vous dans les actions de l’ESS de Grenoble et sa métropole ?

Tout d’abord, en tant que simple adhérent de diverses associations ou bien en tant qu’usager de leurs activités. Sinon, je suis particulièrement actif au sein d’Un P’tit vélo dans la tête, une association de promotion de l’image et de l’usage du vélo en ville qui rassemble presqu’un millier d’adhérents. Je suis devenu président de cette association l’année passée.
Au sein de Radio Campus Grenoble (90.8 FM), je co-anime également Alter ô phile, une émission sur les pratiques alternatives à Grenoble et dans la région. Cette émission cherche à offrir un espace d’expression radiophonique à des initiatives remarquables.

Quels sont les aspects de cette implication qui vous intéressent tout particulièrement ? Que peut-on apprendre de particulier ?

Pour ce qui est du P’tit Vélo, c’est d’abord les vertus de ce mode de déplacement sous développé à Grenoble alors qu’il pourrait apporter une richesse sociale tout en respectant l’environnement. Tenter d’amorcer un changement social nécessaire dans la joie et la bonne humeur est un projet ambitieux ! C’est également riche d’enseignements quant à la dynamique interne de l’association et aux relations entre le secteur associatif, les institutions et les entreprises.

Pour l’émission Alter ô phile, on a plutôt cherché à recouper deux ensembles de valeurs : le respect de l’environnement et l’ESS. A mon sens, ces deux idéologies doivent se rejoindre pour proposer un système économique, politique et social alternatif cohérent. Dans notre système productif actuel, on oppose souvent, à tort, défense de l’environnement et emploi. La soutenabilité environnementale de notre société dépendra nécessairement de l’organisation sociale et la forme de démocratie adoptée au sein des organisations collectives. L’ESS devient alors indissociable du développement durable.

Quel est votre regard sur l’ESS locale ? Que constatez-vous de particulier ou de propre à Grenoble et sa région ?

A ce sens, l’échelon local est celui qui recueille le plus de potentiel pour élaborer des réseaux de production et de consommation innovants dans le respect de l’humain et de la nature. Grenoble me paraît être une ville particulièrement dynamique en la matière. Il y a une atmosphère propice à la création et l’innovation sociale. Toutefois, on rencontre parfois des blocages à un certain seuil de développement des projets. Ainsi, le vélo a été soutenu par les associations depuis des années dans plusieurs villes de France.
Elles ont développé des projets tels que le Vélo Parc Gare à Grenoble. Maintenant que s’amorce un renouveau du vélo en ville, de grandes entreprises investissent dans ce domaine et les délégations de services publics méprisent l’expérience associative et délaisse les acteurs de l’ESS au profit du secteur économique traditionnel. C’est fort regrettable. Il ne faut pas, à mon sens, que les associations ne servent qu’à démontrer la viabilité de projets et qu’on leur ôte ensuite l’initiative. Pour soutenir l’ESS, il faut laisser aux projets associatifs la place pour se développer, surtout que le service rendu est généralement meilleur quand il est porté par le militantisme, par la recherche d’un idéal plutôt que la recherche de profit…

Pour rejoindre le Ptit Vélo dans la tête rendez-vous à la Vélorution du 14 octobre prochain, à 15 h place de la gare à Grenoble.
www.velorution.org