Quels sont pour vous les enjeux de cette semaine de manifestations consacrée à l’économie sociale et solidaire sur l’agglomérations grenobloise ?
Il y en a plusieurs, à commencer par le besoin de conforter et soutenir la dynamique des acteurs locaux de l’ESS. Ils ont besoin d’être soutenus et reconnus. Mais ces manifestations sont aussi à destination du public, afin de faire passer le message que l’économie sociale et solidaire ce n’est ni marginal ni du paupérisme mais des activités économiques qui touchent directement le quotidien des gens avec par exemple le tri sélectif, les services à la personne, etc. L’économie sociale et solidaire, cela n’a rien de fumeux c’est au contraire très concret. Enfin, ces manifestations sont aussi l’occasion pour les collectivités locales de préciser leur politique en direction de l’ESS et de réfléchir au développement local en partenariat avec les associations, les acteurs et ce de façon concertée et démocratique.
Justement comment se positionne la Métro par rapport aux acteurs locaux de l’ESS : en soutien ou avec ses propres objectifs ?
Le plan de développement de l’ESS sur l’agglomération s’est d’abord appuyé sur les demandes formulées par les acteurs au cours des ateliers qui ont suivi le diagnostic que nous avions lancé en 2003. La participation des acteurs ce n’est pas de la démagogie, c’est indispensable. Nous avons évidemment des objectifs qui sont exprimés dans nos plans triennaux. Ma priorité est d’harmoniser les différentes politiques de la Métro qui peuvent concerner l’ESS : la création d’activité avec la MCAE, l’accompagnement des structures d’insertion, les outils financiers, immobiliers, etc. Il nous faut une cohérence d’ensemble. Ensuite dans les projets que nous soutenons, si nous n’organisons pas les choses nous avons tout de même souhaité appuyer les projets qui avaient de la lisibilité, s’appuyaient sur la complémentarité et le travail collectif. L’idée étant de faire travailler les gens ensemble.
Considérez-vous le territoire grenoblois comme exemplaire du point de vue des relations entre les acteurs ?
Nous ne sommes certainement pas singuliers. Des villes comme Lille, Nantes, Rennes font beaucoup de choses intéressantes et ont même une antériorité par rapport à notre agglomération. La dynamique actuelle est un peu le fruit du hasard. Les acteurs se posaient des questions sur leur avenir, sur la pérennisation de leur activité au moment où nous leur avons demandé de réfléchir à des axes de développement. Certaines exigences ont été exprimées notamment sur la clarification des politiques territoriales, sur les critères du financement, sur la pérennisation et l’évaluation des actions. Et elles ont été entendues. C’est peut-être là qu’il faut chercher l’exemplarité. Tout comme dans l’harmonisation des différents intervenants, publics et acteurs de l’ESS. En travaillant sur la pérennisation des emplois-jeunes, avec la MCAE, l’ANEJ, qui d’une certaine manière ont préfiguré les DLA, nous avons développé des acquis d’échange et de savoir-faire qui permettent une collaboration étroite.
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