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Première synthèse du séminaire "Economie sociale et solidaire et régulations territoriales"

Source : AlpeSolidaires

Ce séminaire (note 1) avait pour but de mettre en discussion avec des acteurs de l’ESS, les conclusions d’une étude conduite par l’Equipe de Socio-Economie Associative et Coopérative (note 2), sur la participation des organisations de l’ESS au développement local et à la régulation territoriale.

Basée sur les statistiques de l’INSEE Rhône-Alpes, sur l’ESS dans les 27 zones d’emploi de la région, cette étude s’est attachée particulièrement à 4 zones d’emploi (deux Vallées : Arve et Drôme et deux zones plus urbaines : autour de Valence et de Grenoble) caractérisées par un poids relatif très différent de l’ESS (entre 7 et 18% de l’emploi salarié pour les Vallées, et 13-10% pour les zones urbaines).

Quelques conclusions générales ont été validées par la discussion :

 

1) L’analyse qualitative complémentaire montre que le poids relatif de l’ESS ne suffit pas à en caractériser le rôle : même plus faible, elle peut jouer une influence non négligeable sur le développement local.

 

2) Le poids relatif des secteurs d’activité est très variable selon les territoires : si l’action sociale reste dominante (entre 25 et 38% de l’emploi de l’ESS) et si les mutuelles et banques coopératives sont plutôt concentrées dans les zones urbaines, l’ESS est plus ou moins diversifiée selon l’histoire et le mode de développement socio-économique de la zone :
- agriculture, action sociale et culture dans la Vallée de la Drôme ;
- action sociale, coopératives, sport et tourisme dans la Vallée de l’Arve ;
- forte présence des mutuelles et coopératives bancaires dans la zone de Drôme, Ardèche
Centre ;
- répartition plus équilibrée à Grenoble avec un poids moindre de l’action sociale et de la
mutualité.

 

3) Chaque zone est de ce fait caractérisée par un rôle spécifique de l’économie sociale et solidaire que nous avons qualifié ainsi :
- accompagnement d’un développement économique spécialisé autour du décolletage et du tourisme dans la Vallée de l’Arve (avec une place particulière à l’insertion, au logement et au crédit en soutien aux PME familiales) ;
- participation comme ressource importante d’un développement économique sectorisé dans la zone Drôme Ardèche Centre (avec une relative segmentation entre les structures d’ESS) ;
- dynamique adaptative dans le cadre d’un développement économique technologique à Grenoble (avec une forte capacité d’innovation malgré le cloisonnement des " collectifs " d’ESS) ;

- recherche d’un développement transversal de substitution dans la Vallée de la Drôme, par une solidarisation des populations (locale, néo-rurale et semi-résidente), une interpénétration entre secteurs (agriculture et culture notamment) et la mobilisation de financements externes pour irriguer la dynamique interne (international/local).

 

4) A partir de ces quatre exemples, l’étude a souligné l’importance des « médiations institutionnelles » (par des associations ou institutions transversales ainsi que par les collectivités publiques) afin d’accompagner les acteurs de l’ESS dans le dépassement des logiques sectorielles et/ou affinitaires, et construire une véritable approche du territoire permettant à l’ESS de se positionner comme acteur collectif du développement et pas seulement comme ensemble de ressources sectorielles.

 

Synthèse réalisée par l'ESEAC. Une synthèse plus détaillée sera disponible à l’ESEAC en septembre 2008.

 

Notes :

1. Qui a réuni une vingtaine d’intervenants aux tables rondes et une soixantaine de participants

2. ARTIS A., DEMOUSTIER D., HOFMANN B., PUISSANT E., Economie sociale et solidaire et régulations
territoriales, Rapport pour la Délégation Interministérielle à l’Innovation, l’Expérimentation sociale et
l’Economie Sociale, A paraître.