PENSER COLLECTIF #2 : Le collectif Bars Parallèles

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Après la rencontre des Cafés de Grenoble en novembre, nous revoilà pour le deuxième épisode de la série « PENSER COLLECTIF ». Cette semaine, nous vous présentons le Collectif grenoblois Bars Parallèles, créé par 7 cafés culturels : La Bobine, Le Café Vélo, Le Café du Nord, Le Coq Tail, La Crique Sud, La Passoire, et Le Trankilou. Retour sur la première édition de leur festival mutualisé du 28 au 30 novembre dernier, dans le cadre de l'évènement national Culture Bar-Bars. Merci à Samuel, du bar Le Trankilou d'avoir accepté de répondre à notre interview.

Comment est née l'idée du collectif Bars Parallèles ?

C'est un projet tout nouveau, même si cela faisait un moment que nous en parlions avec l'équipe de La Bobine qui connaissait l'exemple du Collectif Culture Bar-Bars, créé à Nantes il y a 20 ans. Chaque année ce collectif organise un festival de concerts avec l'ensemble de ses cafés adhérents.

Nous avions sur Grenoble l'envie de créer un projet avec d'autres bars. Nous partageons des idées, nous nous croisons régulièrement et nous avions envie de faire un festival ensemble à l'échelle de la ville. Notre collectif s'est monté un mois avant le festival, sous l'impulsion du Trankilou et de La Bobine. Nous avons fait notre première réunion début octobre. Cela a tout de suite bien connecté entre les sept établissements, tout le monde était partant. Ainsi est né notre collectif Bars Parallèles. 

 

Comment s'est fait le choix des structures ?

Cela s'est fait par copinage. Nous nous connaissions déjà tous un peu, nous nous croisions parfois dans les bars des uns des autres, mais assez furtivement. Là, se poser autour d'une table pour faire des vraies réunions, parler des problématiques de chacun et apprendre à mieux se connaître, c'était vraiment riche.

 

Comment s'est passé la création du collectif et du festival ?

Nous avons fait deux réunions tous ensemble puis nous avons géré le reste par simples emails.

La personne en charge de la communication de La Bobine a réalisé les flyers et les affiches du festival. Se mettre d'accord entre nous sur les choix graphiques n'était pas si simple. Mais comme nous étions dans l'empressement, nous avons du trancher assez vite. Avoir peu de temps nous a sans doute aidé à avancer et prendre les décisions.

 

Est-ce que le collectif a changé la façon de vous percevoir les uns les autres ?

Non, en réalité nous ne nous sommes jamais vus comme des concurrents. Le collectif c'était justement aussi une volonté de montrer que nous sommes tous main dans la main. Avant la création de Bars Parallèles, nous mettions déjà chacun par exemple les affiches et flyers des autres dans nos établissements.

 

Le collectif est-il amené à s'agrandir ?

Oui, l'idée pour demain est d'ouvrir le collectif à d'autres établissements grenoblois. Après, nous avons conscience que c'était déjà beaucoup de travail de trouver des dates communes pour les rendez-vous, pour se mettre d'accord sur les choix à sept structures. C'est plus long quand on est plus nombreux. L'idée est donc d'agrandir le collectif, tout en essayant que ça ne devienne pas trop compliqué de faire des projets ensemble.

 

Quel est votre lien avec le collectif nantais Culture Bar-Bars ?

Bar-Bars, au-dela de l'organisation annuelle du festival, est un collectif national qui a pour but de faire évoluer la législation et protéger les bars des risques de fermetures. Aujourd'hui, nous sommes tous confrontés aux mêmes menaces car il suffit qu'un voisin porte plainte pour qu'un bar ferme. Face à la loi, c'est la parole du voisin propriétaire contre celle du gérant de bar.

La Bobine avait déjà adhéré à Bar-Bars cette année, mais nous, les autres structures de Bars parallèles, n'en connaissions pas encore l'existence. Un mois avant le festival, nous n'avions pas suffisamment étudié leur projet pour choisir d'y adhérer, nous avons donc décidé, dans un premier temps, de monter notre propre collectif.

Nous réfléchissons à notre adhésion pour l'année prochaine. Nous avons rencontré la semaine dernière son président, venu nous présenter le projet et les réalisations de cette année. Ils ont notamment remporté une belle victoire avec la loi d'antériorité : dorénavant, les propriétaires achetant un appartement au-dessus d'un bar, dès lors que le bar était là avant, ne pourront plus porter plainte pour nuisances sonores. Cela fait 10 ans qu'ils se battent pour faire passer cette loi qui sera mise en place à partir de 2020, c'est donc une belle avancée !

Au sein de notre groupement grenoblois, nous souhaitons aussi avoir davantage d'impact face à la mairie et aux voisins. Adhérer à Bar-Bars pour l'année 2020 pourrait nous donner un poids national pour être encore mieux entendus.

 

Etes-vous contents de cette première édition du festival ?

Oui, nous prévoyons en janvier de faire ensemble un bilan après cette première édition du festival.

Faute de temps en amont, nous avons pu réfléchir seulement à une communication mutualisée. Nous n'avons pas anticipé suffisamment pour réfléchir ensemble à la programmation. Les concerts se passaient donc en même temps dans les différents bars. Nous étions chacun de notre côté, ce n'était pas du partage comme nous l'envisageons à terme. L'an prochain, nous aimerions aller plus loin en mutualisant la programmation. L'idée serait que les gens puissent aller de bar en bar, avec des fanfares, que nous soyons vraiment tous ensemble.

 

Quels sont les prochains projets du collectif ?

Nous en sommes au tout début du projet et nous espérons pouvoir faire plus de choses dans l'année qui arrive.

Nous allons réfléchir à notre adhésion au collectif Culture Bar-Bars. Nous avons aussi eu un rendez-vous avec le directeur culturel de la mairie il y a quelques semaines. L'équipe s'intéresse à notre projet et attend nos propositions pour voir ce que nous pourrions mettre en place.

À l'échelle grenobloise, nous avons aussi tous la même problématique de voisinage, notamment avec les terrasses extérieures. Depuis que les rues ont été transformées en voies cyclables et en rues piétonnes, cela a changé la norme au niveau des décibels, avec un impact sur les horaires de fermeture des terrasses. Plusieurs bars en ville doivent fermer plus tôt que d'autres. Nous voudrions créer un noyau dur pour montrer que nous sommes des acteurs culturels importants et avoir ainsi plus de poids pour défendre des règles communes.

 

Merci à Samuel du Trankilou pour son témoignage de ce collectif naissant. Une belle initiative pour défendre les bars, lieux de vie incontournables qui rendent la culture accessible à tous. Leur expérience est une nouvelle illustration du développement croissant de mouvements collectifs entre associations et structures de l'ESS pour mutualiser des ressources et devenir plus forts ensemble.

 

A lire aussi :

PENSER COLLECTIF #1 : Les Cafés de Grenoble

 

Nadège Bredoux pour Alpes Solidaires

 

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