La SIDI augmente son capital pour financer son appui au développement

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Dans ce monde où la machine financière est devenue folle, et où chacun souhaite savoir ce qu’il est fait de son argent, transformer un peu de son épargne en outil solide de solidarité internationale est un geste porteur d’avenir, qui apporte à des populations de villages isolés ou de périphéries urbaines les moyens de créer ou de développer les activités économiques dont elles ont besoin pour vivre.

Pour concrétiser son action dans le domaine de la finance solidaire, le CCFD a créé la SIDI : Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement, une société spécialisée dans l’appui financier et technique à des structures financières de proximité des pays du sud (et maintenant certains pays de l’Est comme la Moldavie). Des actionnaires individuels regroupés dans l’association  ESD (Epargne Solidarité Développement) apportent à la SIDI 25 % de ses moyens.  Aujourd’hui, la SIDI dispose d’un portefeuille de 9 millions d’euros qui permet de financer 60 partenaires, dans 28 pays, sous forme de participation, de prêts ou de garanties, avec une forte priorité au continent africain (42 %  du portefeuille)  et au monde rural  (61%).    Et l’amélioration durable des revenus des producteurs ruraux constitue le 1er axe du plan d’action 2009-2012.  Les structures partenaires sont le plus souvent des organismes de micro-finance qui proposent du  micro-crédit (à des femmes à 80 %), des mutuelles de solidarité qui permettent à des villageois d’organiser leur solidarité financière et sociale avec leur propre argent, des caisses d’épargne et crédit mises en place par des organisations de producteurs, des coopératives, mais parfois aussi des organismes régionaux ou nationaux qui viennent en appui à des réseaux d’opérateurs. Dans tous les cas, l’objectif est de  favoriser l’accès des petits producteurs, artisans ou commerçants, à des services financiers de proximité et, du fait de leur exclusion des services bancaires, de leur permettre de développer leurs activités économiques et de réduire leur vulnérabilité aux aléas économiques, mais aussi à ceux de la vie.    L’intérêt de cette chaîne de solidarité pour le financement entre les investisseurs d’ici et les  petits entrepreneurs du sud bénéficiaires des services financiers,  réside  dans l’effet  de levier   très  important des financements collectés : les sommes confiées à la SIDI, investies à 100 % dans l’économie réelle,  font  « boule de neige ».  
Ainsi à Madagascar, pour 100 euros garantis par la Sidi à un de ses partenaires, 400 lui sont prêtés  par des banques locales. Ailleurs, une dynamique de collecte locale a été initiée par la solidarité internationale : les 1300 mutuelles de solidarités de l’est du Congo qui n’ont pu démarrer qu’avec l’aide de la SIDI (et du CCFD) ont collecté ensuite et ensemble 1, 5 millions de dollars.   Autre exemple : la SIDI, associée à deux autres partenaires européens, développe un projet de grande envergure ; un « fond européen de financement solidaire pour l’Afrique ». Les 3 millions d’euros apportés par les trois partenaires permettront de mobiliser dès la 2ème année, 30 millions d’euros. Le sérieux du projet a par ailleurs permis d’infléchir les règles habituelles de certains  financeurs institutionnels qui  renoncent par exemple à exiger des taux de rentabilité extravagants en se limitant à des taux de l’ordre de  4 %.     Aujourd’hui, la SIDI se trouve confrontée à des moyens insuffisants pour répondre aux besoins financiers de ses partenaires et accompagner leur croissance. C’est ce qui a motivé l’augmentation de capital de 4 millions d’euro décidée en Assemblée générale extraordinaire le 17 octobre 2008, dont 1 million collectés auprès d’actionnaires individuels regroupés au sein de l’association ESD. L’augmentation de capital sera close le 1er avril 2009. D’ici là, il est possible de se porter acquéreur d’une ou plusieurs actions d’un montant de 152 euros l’une. Cet investissement solidaire ne donne droit à aucun intérêt financier mais à une réduction d’impôt égal à 25 % de la somme investie (75% si l’on est assujetti à l’impôt sur les grandes fortunes …) à condition  de laisser ses actions à disposition de la SIDI durant 5 années. En cas de besoin, il est cependant possible de récupérer son épargne.   Enfin, les actionnaires, soucieux de savoir à quoi sert leur investissement, peuvent  participer, tous les 2 ans, à un voyage organisé par la SIDI qui permet de rencontrer de nombreux acteurs de cette chaîne de la solidarité dans un pays donné, et de mieux prendre la mesure du rôle des services financiers dans les enjeux du développement.    Tous ceux qui sont intéressés par cette chaîne de solidarité et veulent en savoir davantage peuvent  consulter le site de la SIDI : www.sidi.fr     

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