La Maison des femmes, se battre ensemble contre la précarité

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par Scop . | La Péniche
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La Maison des femmes, se battre ensemble contre la précarité
Il y a un peu plus d'un an, des militantes du collectif Défends-Toit créaient la Maison des femmes "La nouvelle ère". Un lieu pensé par les femmes pour les femmes. Ses missions : informer les femmes de leurs droits sociaux, les faire valoir, et lutter contre les discriminations envers les femmes, quelles que soient leurs origines sociales et culturelles.

Vendredi 14 heures, ouverture de la permanence hebdomadaire de la Maison des femmes (Saint-Martin d'Hères). La porte du local plein pied est grande ouverte... Un local pour recevoir les femmes en difficulté - de logement pour la plupart - et que les militantes occupent sans accord de la mairie ni du bailleur. Un canapé, quelques chaises, du mobilier de récupération et sur la table, une cafetière pleine et des biscuits. Daouia et Mathilde, fidèles au rendez-vous, s'apprêtent à accueillir et écouter celles qui en ont le plus besoin ; et à leur apporter leur expertise administrative comme leur soutien moral.

Mais attention ! Hors de question de suppléer les collectivités locales, préviennent-elles. « Nous sommes avant tout des militantes, insiste Mathilde, co-fondatrice de l'association. Notre objectif est de faire en sorte que les femmes cessent de subir la politique de la patate chaude ! Elles sont bien trop souvent renvoyées d'une administration à l'autre. Nous leur donnons des informations juridiques et les arguments nécessaires pour qu'elles puissent faire valoir leurs droits auprès des institutions. Au-delà des cas particuliers, nous voulons une vraie politique du logement pour les plus précaires et une vraie mixité sociale dans les parcs à loyer modéré. »

Peu de solutions d'urgence

Ce que les militantes de la Maison des femmes dénoncent ? D'abord, le sous-nombre des logements relevant du PLAE - Prêt locatif aidé d’intégration - destiné aux ménages les plus modestes (12 163 euros de revenus annuels pour une personne seule). « Il ne faut pas s'y tromper, les 20 % de logements sociaux dont se targuent les communes ne sont pas réservés aux personnes qui en ont le plus besoin. Ce sont essentiellement des logements occupés par les classes moyennes. Résultat : les femmes précaires, en situation d'urgence, ne sont absolument pas prioritaires. Elles restent sans solution pendant des mois, voire des années. »

14h30, une jeune femme franchit la porte du 37 avenue du 8 mai 1945. Elle vient sur les conseils d'une amie et se dit épuisée... Victime de violences conjugales, elle a trouvé refuge chez son frère il y a un an. Malgré ses nombreuses démarches auprès des bailleurs sociaux, des communes de l'agglomération grenobloise et de son assistante sociale, rien ne lui a jamais été proposé. « Je touche une pension d'invalidité et ne trouve pas de quoi me loger. Que m'importent les conditions, la commune, le quartier ou la taille du logement : je veux simplement un toit ! » Son cas n'est pas isolé. Daoia et Mathilde connaissent par cœur ces problématiques des femmes, qui à un moment ou à un autre de leur histoire, sont bousculées par la vie et perdent jusqu'à leur logement.

Des conseils bien avisés

Comment agir ? En faisant du bruit, en dénonçant le manque de solutions d'urgence à l'heure où les demandes de logement social est toujours plus grand. Mais aussi en donnant des conseils bien avisés à celles qui viennent chercher de l'aide. En l'occurrence, Mathilde invite la jeune femme à se rendre à la permanence hebdomadaire Logement (Maison des associations, Grenoble) où des bénévoles l'aideront à constiturer un dossier qu'elle remettra à commission de médiation DALO (Droit au logement opposable). «Personne ne m'a jamais informée de l'existence de cette permanence, s'étonne la jeune femme. Si j'avais eu cette information plus tôt, je serais peut-être logée à l'heure actuelle !»

Daouia confirme : « Les femmes précaires ne sont que très peu informées de leurs droits. Et pas seulement en ce qui concerne le logement ! Combien savent qu'elles peuvent bénéficier d'une réduction de 75 % dans les transports rhône-alpins ou d'une aide financière pour la fourniture d’électricité ? »

Armées pour faire valoir leurs droits !

15 heures, d'autres militantes se joignent au groupe. Parmi elles, Nadia, jeune maman de 4 enfants. Elle s'implique au côté de Mathilde et des autres depuis 6 ans. «Nous vivions - et vivons toujours - différentes formes de précarité, explique-t-elle. Et nous rencontrions toutes les mêmes obstacles : des refus systématiques d'accès au logement social ou des propositions inadaptées. Nous sommes allées à la rencontre des institutions pour bien comprendre le fonctionnement de l'attribution des logements et faire valoir nos droits ! Aujourd'hui, nous sommes armées et on ne peut plus nous opposer de réponses évasives ! Nous nous auto-organisons pour faire face ensemble aux politiques économiques et sociales qui ne nous vont pas. »

Pour Nadia, les choses vont de mal en pis. « Il y a beaucoup plus de problèmes qu'avant. Beaucoup de ménages ou de femmes seules se retrouvent endettés tandis que les loyers augmentent. A la Maison des femmes, nous entendons les besoins fondamentaux de chacune et nous voulons les porter, tous les jours et toutes ensemble. »

Nadia, Mathilde, Daouia, mais aussi Aude, Claire et les autres se retrouveront à la même heure la semaine prochaine, comme les suivantes. Elles ont adressé une demande d'occupation des lieux au bailleur et attendent sa réponse. Des femmes qui ont investi leur maison et entendent bien la garder...

La Maison des femmes est ouverte à toutes tous les vendredis à partir de 14 heures, au 37 avenue du 8 mai 1945, Saint-Martin d'Hères. 06 66 40 10 49/06 33 72 79 31

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