La culture est-elle utile à l'insertion ? Et comment évaluer son efficacité ?

Dossier
par Sylvain Bouchard | Scop la Péniche
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La culture est-elle utile à l'insertion ? Et comment évaluer son efficacité ?
La culture peut être un outil d'insertion sociale et professionnelle en permettant à des personnes en difficulté dans leur recherche d'emploi de se mettre dans une dynamique positive qui leur redonne autonomie, confiance et rompt avec un éventuel isolement. Mais comment ces actions culturelles ont-elles un impact sur le retour à l'emploi ?

C'est l'une des questions centrales sur laquelle a planché l'instance d'évaluation partenariale chargée d'émettre un avis sur la pertinence de ces actions. N'hésitez pas vous aussi à donner votre avis.

Dans un parcours d’accès à l’emploi, un certain nombre de personnes sont bloquées très en amont : manque de maîtrise de la langue, d’un savoir-être pour entrer en communication, mal-être… Autant de freins  auxquels peuvent répondre des actions culturelles : atelier d'écriture, session de théatre, découverte de spectacles, atelier prise de parole... Elles constituent souvent une étape importante dans la vie des personnes qui y participent et qui y (re)découvrent une autonomie parfois perdue. En proposant des activités de groupe, ces actions culturelles permettent également de rompre l’isolement. L’image qui est renvoyée au participant est positive et les participants mettent en valeur des qualités souvent inexploitées.

Il est par définition délicat de mesurer les effets d'une action culturelle en terme d'insertion. Mais quelles en sont  les conditions de réussite ? Ces actions ont-elles leur place dans une politique de l'emploi ? Sont-elles prioritaires ? N'y-a-t-il pas un risque d'avoir un projet culturel "pour" ces personnes plutôt "qu'avec" ?

Le débat est ouvert n'hésitez pas à y participer en réagissant à cet article.

2 commentaires

Anonyme il a 2 an 45 semaines

Droit de cité pour la culture au sens anthropologique...

Bonjour.

En restant tributaires des catégories ministérielles et des distributions gestionnaires et sectorielles des produits de l'industrie culturelle et de sa consommation, la question a peut-être un sens.

Vue sous l'angle de la culture  ( tous les savoirs formels, informels et non-formels) elle n'a plus beaucoup de raison d'exister.

C'est un choix de reconnaissance de " l'autre"  qui ne serait pas inséré(e) qui là se joue... Les "publics" en insertion ne sont pas incultes, ils ont la culture des autres, encore faut-il en admettre l'existence par exemple avec les ateliers d'écriture et le théâtre-forum et les techniques des formateurs attentifs à ne pas seulement formater leurs " clients".

Pour son évaluation, avec la seconde option il serait donc judicieux de demander aux publics destinataires des politiques publiques " d'insertion" ce qu'ils pensent avec leurs savoirs de l'usage qu'ils en font pour - s'ils le souhaitent - s'insérer dans une société qui elle-même a du mal à se définir comme un havre hospitalier.

cf. " sociologie appliquée au développement local" Master formation continue de la Faculté d'anthropologie et de sociologie de l'Université Lyon 2.

" Suivi et évaluation des politiques publiques" Master de l'IEP Lyon- Université Lyon 2, avec le Club Régional de l'Evaluation et la Société Française d'Evaluation ( qualitative!).

Nouvelles Pratiques Sociales - Université du Québec à Montréal et quelques autres renversants points de vue en sciences sociales.

 

Quand les " insérés " s'autorisent à décrire le local autrement qu'un bocal...

Voir aussi l'avis d'Happy Culture et de l'Observatoire des politiques culturelles suite aux 2émes Rencontres de l'ESS et des Acteurs culturels au " Pacific" à Grenoble fin 2008.

 

Réaction consécutive à une journée régionale de travail en PACA avec le Centre Ressources de la Politique de la Ville " Les politiques de la ville et les politiques de prévention et de sécurités quelles articulations?" où étrangement la culture et les pratiques culturelles des " clients- citoyens- usagers" n'étaient pas invitées dans l'évaluation des politiques de la ville judiciarisées. Etrange conception de la participation des destinataires des politiques publiques pour qui " la culture" ne serait que l'inventaire gratifiant pour les acteurs culturels donnant la becquée "loisirs"  ou " somnifère" à des affamés de produits préformés...

Solidairement.

cf.

- " La mise en culture des territoires" Presses Universitaires de Nancy - " Economie plurielle" intervention nov 2008 dans le Master SADL Univ. Lyon 2.

- Actes des 2émes Assises Nationales de la Jeunesse p.29 " Comment capitaliser les acquis de l'expérience associative?"   ( CESE Paris 17 octobre 2008)

 - " L'ESS carnet(s)"  Blog Les Ateliers d'Algebrista sur le Site www.ressources-solidaires.com  des amis nantais.

- " Patrimoine culturel et désirs de territoires : quels développements?" en préparation pour l'Université Paul Valéry Montpellier - février 2010.

Dossier pour expérimentation  avec " les 16-25 ans et accompagnement du RSA  proposé à M. Martin Hirsch.

 

Anonyme il a 2 an 38 semaines

les carencés en vitamine C-ulturelle

Ne pourrait-on pas dire plus simplement qu'il y a en France deux sortes de culture.

L'une avec un grand C fabriquée par une élite, structurée économiquement par des industries et redistribuée socialement par des politiques publiques en vue d'un accès démocratique à la "béquée".

L'autre, en effet plus anthropologique, compte de multiple petits c, puisque faite par tous au quotidien dans chacun de nos faits et gestes : manger, s'habiller, se distraire, s'éduquer, etc... 

Seule, la Culture peut être soumise à évaluation, même si elle contient une part de la deuxième sorte dans la mesure où elle reste une production humaine. La culture de petits c n'est pas valorisée socialement, sauf quand elle croise les besoins de renouvellement constants et marchands de la première. Les personnes en insertion ne sont pas vues comme riches de leur culture mais comme des malades carencés en vitamine C-ulture.

D'un point de vue anthropologique, cette évaluation en dira sans doute plus sur les évaluateurs que les évalués-participants-clients-bénéficiaires.

"Notre culture, c'est une part de notre nature" contrairement à ce que disaient les grecques.

 

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