A l'Ecole de la 2ème Chance, les jeunes construisent leur avenir

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par Scop . | La Péniche
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A l'Ecole de la 2ème Chance, les jeunes construisent leur avenir
Rue Manouchian à Echirolles, un quartier résidentiel. L'Ecole de la 2ème Chance (E2C) de l’agglomération grenobloise occupe les anciens locaux de l'ANPE face à un gymnase et un terrain de foot. A notre arrivée, le sport est d'ailleurs la préoccupation du moment. Une délégation de jeunes s'apprête à prendre la route vers Troyes pour les rencontres sportives nationales du réseau des Ecoles de la 2ème Chance. C'est la deuxième année que l'E2C prend part à ces rendez-vous, une illustration des pratiques pédagogiques développées par le réseau: alternance de temps d'accompagnement individuel et de vie collective.
Nées dans les années 90 d'une initiative européenne, les écoles de la deuxième chance proposent à des jeunes sans qualification de prendre un nouveau départ et de bâtir leur avenir professionnel. Le dispositif s'est surtout fait connaître au moment du Plan Banlieue. D'une première école ouverte à Marseille en 1997, le réseau est passé en 2010 à 29 écoles implantées sur 63 sites.
 
Une pédagogie originale
« C'est un dispositif très souple, capable d'être à l'écoute des besoins de chaque stagiaire, indique Dominique Jannot, le directeur de l'E2C. Mais la contre-partie c'est que les jeunes doivent avoir un grand sens des responsabilités et être acteur dans la construction de leur projet professionnel ». Le temps moyen de stage au sein de l'E2C est de 7 mois, mais chaque jeune, en accord avec l'équipe pédagogique, maîtrise la durée de sa formation. L'objectif de professionnalisation des stagiaires guide chaque étape de la construction des parcours de formation. « Dès la session d'intégration, les jeunes doivent commencer à réfléchir à des pistes de projets professionnels et effectuer un premier stage en entreprise » précise Dominique Jannot. Sont aussi évalués lors de ce temps d'accueil, les savoirs de base du stagiaire. En fonction des besoins de chacun, des remises à niveau sont proposées en français, mathématiques et informatique. Enfin, pour gagner en autonomie, les jeunes participent à la construction de projets collectifs et peuvent bénéficier de conseil dans leurs démarches de vie quotidienne.
 
 
L'E2C pour qui ?
Dominique Jannot : « Nous accueillons des jeunes majeurs qui ont décroché au collège, parfois en lycée ou en apprentissage. Seuls sont admis ceux qui n'ont aucun diplôme hors le brevet des collèges. Nous avons commencé avec une majorité de garçons mais aujourd'hui, sur les 45 stagiaires que nous accueillons simultanément, nous sommes presque à la parité. Les jeunes, dont la plupart sont originaires de l'agglomération grenobloise, sont de plus en plus nombreux à nous contacter en direct.» Depuis son ouverture en décembre 2009, l'E2C a accueilli 128 stagiaires dont les projets professionnels initiaux sont un peu le reflet de la société : « On constate une sur-représentation des métiers de la vente dans les projets évoqués par les jeunes mais certains se démarquent avec des métiers comme géomètre ou agent des pompes funèbres ».
 
Un bilan contrasté et assumé
L'école est en plein développement. « A l'automne nous allons ouvrir deux sites à Voiron et Vienne et l'équipe de permanents va passer de 13 à une vingtaine de personnes. Et 2012 sera l'année de notre déménagement vers nos nouveaux locaux construits par la Métro dans le sud de Grenoble ».
Après un démarrage difficile où il a fallu faire sa place, les partenariats avec les réseaux d'accompagnement de la jeunesse montent en puissance. Comme les partenariats avec les entreprises, tout aussi indispensables puisque les jeunes y passent près de 45% de leur temps de formation. Aujourd'hui, au-delà des relations soutenues avec les organisations consulaires et patronales, l'E2C travaille avec 220 entreprises qui accueillent des stagiaires, participent aux jurys, présentent leurs métiers ou s'implique dans la vie de l'association E2C. Dominique Jannot de conclure : « Nous devons encore améliorer nos résultats pour atteindre l'objectif fixé au niveau national : 59% des stagiaires doivent trouver un emploi ou rejoindre une formation qualifiante à la sortie de l'E2C. Chez nous, en 2010, année de démarrage, 23 % des jeunes atteignent cet objectif. »
 
 
 
 
 
 
 
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