Itinéraire d'une association voyageuse

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par Scop . | La Péniche
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Itinéraire d'une association voyageuse
Si l'étranger peut s'imaginer comme un bout d'évasion, pour certains c'est aussi un terrain plus favorable à l'emploi, le lieu d'un rebond social ou le début d'une vie nouvelle. Depuis son siège régional à Grenoble, l'association Itinéraire International œuvre pour la mobilité des jeunes rhônalpins et les accompagne dans leurs premiers pas loin de la France. Pourquoi, pour qui et comment ? Quelques éléments de réponses avec Coraline Monnot, déléguée territoriale Rhône-Alpes.
Pouvez-vous nous expliquer l'activité d'Itinéraire International, en quelques mots ?

Itinéraire International est une association nationale qui a vu le jour en 1995. Son objectif, inchangé depuis, est de promouvoir la mobilité comme moyen d'insertion professionnelle et sociale auprès des jeunes qui en sont les plus éloignés. Aujourd'hui six antennes régionales travaillent à ce même enjeu : informer et accompagner les 18-30 ans dans leur projet à l'étranger, qu'il soit professionnel, social et/ou culturel.

Comment cela se passe concrètement au sein de l'antenne grenobloise dont vous êtes en charge ?

Notre petite équipe se compose d'un conseiller en mobilité internationale, d'une accompagnatrice linguistique, d'une coordinatrice en service civique et de moi-même. Bien que notre champ d'action s'étende sur l'ensemble de la région Rhône-Alpes ainsi que la Bourgogne, nous sommes essentiellement actifs sur le bassin grenoblois. Pour des raisons historiques (l'antenne s'est implantée ici en 2003), et parce que nous sommes largement soutenus par la Métro et la ville dans les actions de priorité à la jeunesse (CUCS, ZUS). En 2011, nous avons informé 1000 jeunes et environ 50 d'entre eux sont allés jusqu'au bout, en partant à l'étranger. Différentes formes sont possibles : exercer un emploi trouvé sur place, partir dans le cadre d'un stage européen (Leonardo) ou d'une mission de volontariat (SVE).

Ce ratio paraît faible, comment l'expliquez-vous ?

Par information, nous comptons l'ensemble des jeunes qui ont participé à l'une des réunions collectives que nous organisons toutes les 2 semaines. Cela permet dans un premier temps d'informer sur nos moyens d'intervention, de déterminer un cadre. Ensuite, il y a un recentrage, ceux qui sont intéressés pour aller plus loin, nous recontactent. L'initiative doit venir d'eux mêmes, c'est la base. L'accompagnement peut alors débuter et prend tout le temps nécessaire : il faut définir le projet, souvent prendre des cours de langue (gratuits via Itinéraire International), se renseigner sur la culture locale, préparer son CV, ses futurs entretiens etc. Il n'est pas rare que le temps d'accompagnement prenne plus d'un an.

Tous les jeunes bénéficiant d'un accompagnement partent-ils ?

Non ! Environ 40% d'entre eux arrêtent en cours de route, mais ce n'est pourtant pas un chiffre négatif. Souvent, les jeunes ont réussi à retrouver confiance, un sens à leur vie, grâce à ce projet de mobilité. Construire, s'accrocher, à un but et être tout simplement dans une dynamique leur ont permis de rebondir. L'aboutissement ne correspond pas au départ, mais bel et bien à une réelle reprise de confiance en soi.

Fournissez-vous des offres d'emploi selon les pays de destination ?

Absolument pas. Lorsque le jeune choisit de partir, il se donne tous les moyens pour être autonome sur place : logement et travail dépendent de leur motivation et de leur capacité d'adaptation. Pour la plupart d'entre eux, cette expérience à l'étranger est une grande première qui leur permet de confirmer une orientation professionnelle, et/ou de reprendre confiance en eux. Et cela signifie beaucoup. Nous travaillons étroitement avec l'Ecole de la 2ème Chance qui accompagnent des jeunes en décrochage scolaire, et/ou en grande difficulté sociale et familiale. Lorsque nous les voyons revenir d'un séjour à l'étranger, certains sont comme transformés : ils savent désormais où ils veulent aller.

Quelle réussite pour les jeunes suivant un parcours Itinéraire International ?

Précisions que l'accompagnement se poursuit pendant et après le voyage, jusqu'à leur première embauche. On sait ainsi que 70% d'entre eux retrouvent un emploi dans les six mois qui suivent leur retour. C'est un chiffre considérable, car il faut garder en tête que la plupart possède un niveau scolaire inférieur à un bac +2.

En tant que déléguée territoriale quels sont les plus et les moins de votre métier ?

La diversité des parcours et des projets fait que l'on ne s'ennuie jamais ! Mais aussi, l'appel du voyage qui se lit dans les yeux des jeunes tout comme leur envie de concrétiser un projet donne de la valeur, crée de la couleur à ma fonction. Travailler également en complémentarité avec les autres antennes, mais aussi les partenaires locaux sur des projets fédérateurs est source d'enrichissement. Dernier exemple en date, nous nous sommes associés avec le CRIJ, Calliope et Romans International pour créer un collectif régional sur la mobilité internationale (J'IRAI). Cela permet de travailler ensemble sur des thématiques de communication, de complémentarité, de financements etc.

Le point noir est celui de toute association : devoir justifier sans cesse son activité pour trouver des financements, - et clairement renouveler son poste, est usant. Mais tel est le fonctionnement, alors on continue !

 

Contact

Délégation Rhône-Alpes Itinéraire International

39, rue Gabriel Peri - 38000 GRENOBLE (Tram : Alsace Loraine)
+33 (0)4 76 09 07 82 - mail

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