Hiver et familles à la rue : l'alerte des travailleurs sociaux

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Les travailleurs sociaux chargés de l’accueil, l’accompagnement, l’hébergement de ménages en grande difficulté s’inquiètent et s’indignent des conditions d’hébergement pour l’hiver 2010/2011 qui laissent de côté de nombreux ménages.
"Depuis novembre 2010, des personnes, certaines avec des enfants se retrouvent à la rue, sans aucune solution d'hébergement. Cette situation s'est accentuée ces derniers mois et une pression supplémentaire s'exerce sur le Centre d'Accueil Municipal aujourd'hui complètement saturé ; le manque de places le contraint à accueillir ces personnes dans des conditions de plus en plus inacceptables : dormir sur des matelas à même le sol dans les salles de réunion et les salles TV, sans accès aux douches.
De plus, le 115, n° d'appel d'urgence sociale, n'est pas en capacité de proposer des places d'hébergement à toutes les personnes qui téléphonent. Par choix politique, des hommes, des femmes, des enfants, des familles dorment donc dehors.
Il est inacceptable que le dispositif d'urgence hivernale ne soit pas ouvert en totalité à ce jour, comme le prévoit tous les ans la circulaire préfectorale.
Une fois de plus, on a l'impression que l'ouverture de ce dispositif n'est pas anticipée.  A ce jour, la CHAUVE SOURIS à Fontaine gérée par le Secours Populaire et PERCE NEIGE à Grenoble, géré par l'AREPI ont ouvert quelques places pour des personnes isolées. C'est largement insuffisant!
Cette année non seulement la principale structure d'hébergement Edelweiss a ouvert tardivement mais l'État a décidé de la délocaliser au Sappey en Chartreuse, village de moyenne montagne à 12km de Grenoble , structure d’hébergement à 2 km de la route principale et du village. Même si la gratuité des transports a été réglée celle-ci ne résoudra pas toutes les difficultés liées à cet éloignement ! Comment les personnes accueillies vont-elles pouvoir organiser leurs démarches quotidiennes ? D'accès aux soins ? De démarches administratives ? De recherche d'emploi ? D'accès aux associations caritatives et services sociaux ? Les enfants vont-ils pouvoir être scolarisés sur cette commune ?
Quels moyens supplémentaires l'État et les collectivités territoriales vont-ils donner aux travailleurs sociaux pour exercer leurs missions ?
De plus, l'offre d'hébergement  pour les demandeurs d'asile n'est pas financée à hauteur des besoins. A ce jour, seul le site de Pont de Claix, géré par l'ADATE est intégralement ouvert ; il est éloigné des transports en commun et n'accueille pas de familles. Le dispositif hivernal destiné à ce public et géré par la Relève, n'a pu ouvrir que 15% des places prévues, faute de financements. 
Nous constatons le réel désengagement financier et l'absence de volonté de l'État de proposer des solutions adaptées. Nous sommes loin des promesses de campagne de Sarkozy qui nous promettait en 2007, une France sans domicile fixe en 2010.
Par son silence et son absence de réaction, le conseil Général de l'Isère en laissant des familles à la rue n’assume pas sa mission de protection de l'enfance.
Les collectifs de travailleurs sociaux "CHRS en danger" et Parti Pris ne supportent plus le mépris affiché du gouvernement vis à vis des personnes les plus précaires et exigent l’ouverture sans délai de places d’hébergement dans l’agglomération grenobloise, suffisantes en nombre et adaptées aux besoins des personnes."

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