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Le 24.03.2010
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Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices...
Un film des Amis de la Terre Isère, réalisé par Marc Peyronnard
Les projections publiques ne sont possibles qu’avec l’autorisation des réalisateurs. N'hésitez pas à nous solliciter.
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Grenoble 2030
Le texte de l'article présentant le film "Grenoble 2030 - quelle ville voulons nous ?" est particulièrement orienté et pose, me semble-t-il, assez mal le problème au contraire du film.
En effet, viser particulièrement la ville de grenoble me semble plutôt injustifié, alors que c'est là et au coeur des communes de l'agglomération, que l'on peut particulièrement développer la densité (ou intensité) urbaine, la mixité des fonctions, le développement et l'usage des transports en commun...
C'est bien le développement des communes périphériques et rurales qui posent le principal problème de déplacements, la localisation peu maitrisée des activités, et notamment aussi la demande individuelle des citoyens qui vont plus loin, pour plus de verdure, de tranquilité, avoir son petit chez soi individuel, à moins cher et peut être aussi avec moins de mixité (voir la localisation de certains taux de votes extrèmes...).
Par ailleurs,dire aujourd'hui que "Grenoble et son agglomération sont des modèles de ce qu'il ne faut pas faire en terme d'urbanisme" est un peu anachronique ! car contrairement à d'autres villes comme Toulouse, Rennes ou d'autres, l'agglomération grenobloise est quand même beaucoup moins étalée et a su développer des TC assez efficaces... La questions est plutôt de savoir que faire maintenant à partir de l'existant.
Parler de "nombreux pics de pollution tout au long de l'année" sans relier cela à la situation géographique particulière de la cuvette grenobloise - et donc aggravante en terme de pollution, comme à Strasbourg, n'est pas bien "professionnel".
Le SCOT affiche effectivement "des bonnes intentions", et c'est bien son objectif (et c'est mieux que de prendre de mauvaises orientations !)... reste ensuite aux communes - et donc aux élus et à leur population - de le mettre en pratique en terme règlementaire dans leurs PLU et projets en permettant de construire plus, mieux et de façon plus mixte, le long des axes de transports existants ou à venir... en interdisant la réalisation facile et pas cher de places de stationnement gratuites, en acceptant de construire plus haut pour dégager des espaces paysagers au sol...
Car enfin si les agglomérations construisent, c'est bien pour répondre aux besoins de logements et d'activités des habitants... si on veut que plus de gens habitent en ville et moins loin, il faut donc encore urbaniser la cuvette grenobloise (donc quoi dire par rapport à votre terme "d'hyper urbanisation"...).
Alors peut être faut-il décroitre, déconstruire, moins travailler et moins produire... mais pour cela il faut que les citoyens consomment moins, demandent moins de logements, moins de loisirs, se déplacent moins ou autrement... effectivement une question de démocratie... et je crains que ceux ci ne soient pas (encore ?) majoritaires...
et que d'autres sujets soient (encore ?) plus prioritaires : la précarité, la qualité de vie dans les quartiers "pauvres", l'égalité, la solidarité, le partage des richesses (mais pour en faire quoi ? plus consommer ?)...
Il me semble en conclusion, que pour convaincre une majorité des citoyens, notamment les plus en difficulté au niveau social et financier, il conviendrait d'être moins caricatural et plus pédagogique en insistant sur les choix individuels, les pratiques et engagements de chacun... car si l'on met en avant la démocratie, ce genre de "vrais choix politiques" doivent bien être portés par une majorité de citoyen, alors les politiques publiques seront bien obligées de suivre !
philippe vic - urbaniste - habitant grenoble
Pour voir ce film et débattre avec nous !
Mercredi 7 Avril à 20h : le film « Grenoble 2030, quelle ville voulons-nous ? » est pojeté à EVE, sur le campus de Saint Martin d'Hères
Grenoble 2030
Monsieur Vic
J'ai vu le film, il est agréable à regarder et avec un sujet aussi grave, on ne s'ennuie pas, on rêve d'un autre monde. Bien sûr, le titre pourrait être mieux choisi, mais il ne faut pas confondre le titre d'un film qui se doit d'étre court et accrocheur et le titre d'une thèse de doctorat qui résume l'hypothèse.... Ce film est manifestement construit pour nourrir le débat, je ne pense pas que les auteurs aient eu l'intention d'inviter à un colloque scientifique, le sous-titre laisse toute sa place au rêve et à l'utopie....
Vous dites:
"Car enfin si les agglomérations construisent, c'est bien pour répondre aux besoins de logements et d'activités des habitants... si on veut que plus de gens habitent en ville et moins loin, il faut donc encore urbaniser la cuvette grenobloise (donc quoi dire par rapport à votre terme "d'hyper urbanisation"...).
Grenoble, et son agglomération sont contraintes à une expansion limité, est-il utile d'attirer dans cette étroite vallée toujours plus d'habitants en voulant faire de Grenoble un pôle de compétitivité mondial sur les nanotechnologies ? Le développement techno-scientifique est souvent posé comme une urgence (“si nous ne le faisons pas vite les japonais et les chinois le feront à notre place“). La véritable urgence est plutôt d’examiner les conditions et les moyens de ce développement, de produire et d’expérimenter des formes alternatives de gestion de cette activité qui ne fait qu'aggraver l'asphyxie de la vallée.
Les questions soulevées par le développement des nanotechnologies posent à la fois des question du mode de développement de notre société et du devenir de l’humanité, des questions de sécurité pour les travailleurs et les populations et enfin de démocratie tout court, qui décide et pour qui !
Maintenant s’exprime avec force des doutes croissants sur la contribution au bien commun d’un développement technologique totalement orienté sur une logique de compétitivité, sur un discours de promesse flou et peu convaincant, une absence de transparence des décisions, un caractère ambigu de la participation dans des contextes où les décisions sont déjà posées…