Gérer l'emploi autrement en ESS
Rémunération moindre, évolution de carrière limitée, précarité d'emploi, l'ESS pâtit d'une réputation qui passe volontiers sous silence sa capacité d'innovation dans un contexte général peu favorable. Si les structures de l'ESS sont des entreprises pas comme les autres mais qui comme les autres sont des entreprises, elles font souvent des contraintes des occasions d'inventer. Voici quelques exemples de ce management différent.
La plus-value par la qualification
En matière de démarche qualité, les entreprises de l'ESS ne sont pas en reste. Dans les secteurs en développement mais très concurrentiels tels que les services à la personne ou le bâtiment, elles choisissent de faire la différence en optant pour la formation et la qualification du personnel. C'est le moyen d'améliorer la qualité du service proposé, d'enrichir les compétences de la personne salariée et de faire évoluer le secteur. La professionnalisation pourrait bien devenir un argument auprès de la clientèle.
Diversifier le recrutement pour faire bouger les mentalités
Secteur traditionnellement en tension, le bâtiment peine à attirer de nouveaux candidats et connaît un turn-over important. Pour conserver leur personnel, certaines coopératives n'hésitent pas à repenser entièrement leur mode de fonctionnement. Elles optent délibérément pour une diversification des recrutements en faveur d'un public en reconversion ou plus féminin. Ce choix implique, outre un encadrement renforcé, l'aménagement de meilleures conditions de travail sur les chantiers réduisant ainsi la pénibilité.
Des salariés acteurs de leur emploi
Les livres de management en regorgent, une équipe impliquée est une équipe motivée. Cette vérité est depuis longtemps une réalité dans nombres de structures ESS. Pour EASI, entreprise adaptée de sous-traitance industrielle implantée à Seysssinet (38), accueillir et accompagner les travailleurs handicapés c'est les impliquer dans la vie de leur entreprise. Elle est ainsi passée du statut associatif au statut coopératif. En plus d'un encadrement, tous les salariés, ou presque, sont devenus sociétaires. La coopérative représente une forme de management valorisante pour le salarié et s'attache à faire vivre les principes de démocratie. Tout salarié peut devenir associé/coopérateur et ainsi contribuer aux choix stratégiques de l'entreprise.
Groupements d'employeurs de l'ESS, associer des petits besoins pour créer des emplois
Certains secteurs fortement structurés par le temps partiel, tels que le secrétariat, les services à la personne ou le nettoyage industriel emploient une majorité de personnes à temps partiel subi. Par un maillage des besoins hebdomadaires de plusieurs entreprises, les groupements d'employeurs (GEIQ ou associations) proposent des contrats à temps choisi. Bénéficiant d'un seul contrat, la personne salariée diversifie les missions et expériences auprès de plusieurs employeurs. Une formule qui convient particulièrement aux femmes qui concilient ainsi retour à l'emploi et vie familiale.
Restructurer dans le respect des personnes
Comme toute initiative économique un projet ESS peut être amené à restructurer ses activités. C'est notamment le cas de la mutualité qui doit gérer les mutations du secteur de la prévoyance et de l'assurance santé. Le choix d'être exemplaire dans cette restructuration passe par la recherche de solutions pour le personnel licencié. Accompagnement vers la reconversion, la formation, l'aide à l'installation ou au projet personnel, pré-retraite, sont proposés pour trouver avec chacun des solutions pérennes et respectueuses de la situation des personnes.
Pour aller plus loin :
Employeurs responsables. Cahier d'expériences d'employeurs de l'économie sociale et solidaire de l'agglomération grenobloise. Alpesolidaires
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