À voir également...

En descendant l’Isère ou comment bâtir ensemble une histoire d’agglo

Si l’intérêt pour l’histoire et la connaissance du quartier est le plus souvent pris en charge au sein des unions de quartier, il arrive également que des associations de patrimoine s’emparent du sujet localement et la donne à connaitre lors d’animations de la ville au coté d’autres associations de quartier. A Grenoble et sa région, on assiste à un regroupement des initiatives pour mieux appréhender l’histoire de l’agglomération et offrir de nouvelles lectures de la vie des hommes d’aujoud’hui à l’aune de la vie des hommes d’hier.

L’Isère et ses berges comme fil de l’histoire

En 2005, à l’occasion de la désormais traditionnelle Fête « l’Ile Verte au Fil de l’Eau », les associations de quartier et de patrimoine de plusieurs communes ont entrepris de présenter la vie des gens autour de la rivière Isère. Nous avons travailler à comprendre comment s’organisait la vie le long des berges et autour des activités de la rivière, à l’époque où l’Isère était la voie de transport d’une grande partie des marchandises produites et fabriquées.

Nous avons été intrigués par le fait que les gens de l’époque, quelque soit leur niveau social, nobles ou paysans, parvenaient malgré les clivages et les conflits à s’organiser ensemble. Pourtant la vie semblait plus dure, la rivière gelait l’hiver et sans doute tous ne mangeaient pas à leur faim, sans oublier les menaces de guerres d’autant plus présentes du fait du rôle de défense militaire de Grenoble. A côté de l’agriculture, se développait les activités industrielles : aménagement, construction, manifacture et transport, valorisant les matérieux bruts disponibles alentour : le bois, le fer, la pierre et la chaux, sans omettre le travail animal omniprésent.

Nous avons invité des historiens spécialisés en batellerie, radellerie ainsi que sur d’autres aspects de cette période. Nous avons progressivement rassemblé des éléments d’histoire technique et économique jusqu’à avoir suffisamment de données pour créer une puis deux expositions. Ces expos sont composées de synthèses de nos recherches documentaires puisées aux archives départementales ou recueillies auprès d’historiens spécialistes et amateurs, ainsi que d’images retrouvées au musée Dauphinois. Les expos déroulent l’histoire autour de quatre matériaux d’alors ; le bois, le fer, la pierre et la chaux, et du travail qu’ils généraient ainsi que l’organisation sociale et humaine qui l’encadrait.

 

Des histoires communes qui sont le ciment de l’agglomération

Les activités s’organisaient au long de la vallée de l’Isère et se trouvaient en grande partie canalisées vers ce qui est aujourd’hui l’agglomération de Grenoble. Chaque commune alentour, y tenait un rôle et une spécialité en fonction de ses ressources.

Ainsi, à Gières et à Voreppe, deux accès vers Grenoble, on percevait des droits de passage sur la rivière et on y reconditionnait le chargement des bateaux pour l’adapter au portage des mulets. La grande production de la vallée alors était le fer d’Allevard à Rives et jusqu’aux canoneries de St Gervais.

La Tronche, était elle, le point d’arrivée des bois des forêts de Chartreuse (propriété de l’ordre des Chartreux), selon la route la plus courte depuis le Sappey. Les grands bois descendaient ensuite jusqu’à Toulon par l’Isère puis le Rhône pour la construction navale. Par la suite, les routes ayant été améliorées, les grands bois ont pu s’embarquer à Voreppe.

Et savez-vous qu’à Sassenage, les habitants s’étaient spécialisés dans la confection de radeaux capables d’affronter les courants du Rhône (parfois à 90km/h). Les petits radeaux s’arrêtaient donc à Sassenage.

Dans les communes du sud de l’agglomération, les grands travaux d’endiguements du Drac et de la Romanche ont permis le développement de maraîchage qui a alimenté la population toujours croissante de l’agglomération. Grenoble et sa région doivent beaucoup aux bâtisseurs de murailles, de digues, de canaux et de ponts.

Nos villes et villages ont chacun contribué à l’histoire de la vallée et l’agglomération d’aujourd’hui est bien le fruit d’une histoire locale au sein de la grande histoire des hommes.

 

Comment et pourquoi le faire partager ?

Cette histoire de la vallée nous incite à penser que nous tenons peut-être là, la clé d’une agglomération réussie : chaque commune doit pouvoir y trouver sa place et son rôle dans le respect de ses habitants et de son histoire.

Cette histoire, nous souhaitons la faire mieux connaitre aux habitants et visiteurs. C’est dans ce but que nous créons aujourd’hui l’association Trans’Savoir–Faire qui a pour objectif la mise en place d’itinéraires de promenades et de découvertes liant entre eux les lieux de savoir faire.

Plusieurs chantiers sont à l’ordre du jour :
- construire les histoires, rassembler les recherches
- construire les itinéraires
- créer des outils (panneaux SIPAVAG, maquettes AVIPAR, reconstructions..)
- faire connaitre les parcours (plaquettes ou un site internet)

 

Association Trans’Savoir–Faire

21 ch de halage
38000 Grenoble
04 38 37 01 82 - mail