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Chronique du "livre noir de l'animation socio-culturelle"

Source : AlpeSolidaires

On l’oublie souvent mais les associations ce ne sont pas que des bénévoles mais aussi de nombreux salariés. En Rhône-Alpes ce sont près de 130 000 personnes qui travaillent dans une association. Mais ces structures démocratiques, désintéressées, ouvertes sur la société, laïques sont elles de bons employeurs ?

C’est ce que vient contester le « livre noir de l’animation socioculturelle », un ouvrage collectif publié sous l’égide de la CGT qui dénonce un certain nombre de pratiques d’associations à l’égard de leurs employés.

L’écriture de ce livre a été initiée en 2001, au moment du centenaire de la loi 1901, et vient, 5 ans après, un peu casser la belle image des associations.

L’ouvrage se concentre sur le secteur de l’animation socioculturelle qui recouvre les activités de l’éducation populaire, c’est à dire l’ensemble des activités qui aident l’enfant et l’adulte à comprendre son environnement, à se situer et à agir en tant que citoyen. Cela concerne aussi bien les écoles de musique associative, les centres de loisirs, les MJC, les centres sociaux, les maisons pour tous, certains clubs de sports, les colonies de vacances et au-delà toutes les associations qui appliquent la convention de l’animation socioculturelle et on en trouve dans l’environnement comme dans les loisirs ou la culture.

Ces associations sont très largement financées par les pouvoirs publics qui obtiennent des prestations socioculturelles de qualité à un coût réduit, notamment grâce au travail bénévole et au surtravail. Le tableau qui est fait dans le livre, avec de nombreux exemples et témoignages, montre bien que la précarité des financements retombe directement sur les salariés.

La multiplication des contrats précaires, le non paiement de très nombreuses heures supplémentaires, des rémunérations très basses avec parfois des taux horaires inférieurs au SMIC, des licenciements abusifs, etc. Le constat est souvent dramatique et ne fait pas honneur au mouvement associatif.

Alors bien sûr, il y a une grande méconnaissance du droit associatif et surtout du droit du travail chez les dirigeants d’associations qui sont des bénévoles et qui n’ont pas forcément toutes les compétences nécessaires à un employeur.

Mais ce que dénonce surtout le livre c’est une culture de la précarité qui exerce une sorte de chantage aux valeurs : on demande aux salariés des associations d’en faire plus pour moins cher au nom de leur militantisme, pour que les enfants puissent avoir leurs activités, pour que le ciné-club de quartier continue de fonctionner pour que l’atelier d’écriture ne s’arrête pas, etc. Sans parler du mauvais sort réservé à ceux qui protestent ou adhèrent à un syndicat, chose pas toujours très bien vécue dans les associations.

Si les salariés d’association font souvent leur métier par conviction cela n’implique pas qu’ils soient corvéables à merci. Il n’y a aucune raison pour que les associations ne respectent pas le droit du travail et leurs salariés avec. Au contraire, l’économie sociale et solidaire doit faire mieux que le secteur privé sur cette question. Et même si tout n’est pas aussi noir dans toutes les associations, ce livre, montre qu’il y a encore du chemin à parcourir.

Consultez les références du "Livre noir de l’animation socio-culturelle"

Un bon outil pour introduire

Un bon outil pour introduire l'Agenda 21 de la culture.

Bienvenue en "RELIANCE 2010 2012 " avec "L'ESS K(s)" voir sur le site cousin www.ressources-solidaires.com

Michel-Jean Laveaud

Chef de projet interrégional pour l'expérientation en tous lieux de "L'ESS K(s)" avec les coopérateurs ludiques.

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Soumis par Anonyme le Mercredi 26 mai.