Ca se Pass à Mistral. Interview de Isabelle Raucroy et de Véronique Simon

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par Julia Lopez | Scop La Péniche
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Ca se Pass à Mistral. Interview de Isabelle Raucroy et de Véronique Simon
C’est au cœur du quartier Mistral, dans la toute récente Maison des habitants, que l'association Pass est installée. Véronique et Isabelle, les deux animatrices se partagent un local tout juste assez grand pour contenir leurs deux postes de travail. Isabelle assure l'accompagnement scolaire et Véronique est en charge des ateliers de français pour adulte et de la coordination. Visite de terrain pour cette initiative tisserande qui malgré l’augmentation des demandes, doit faire face en 2009 à une baisse d’un quart de ses moyens.

A quelle demande répondent les ateliers pour adulte d'apprentissage du français ?

Véronique : Nous sommes au premier échelon d'une mise en parcours pour des personnes très éloignées de l'autonomie. C'est-à-dire plus concrètement, nous permettons à des habitants du quartier non francophone d'apprendre les bases du français nécessaires à la vie quotidienne. Leur première demande est d'apprendre à lire et à écrire. Les participants peuvent suivre les ateliers de français qui ont lieu deux fois par semaine ainsi qu'un café-échanges le vendredi matin. C'est souvent l'écrivain public qui les oriente vers nous. Ces ateliers sont aussi l'occasion d'un suivi de la personne et d'un lien vers d'autres activités avec les habitants du quartier.

Comment l'accompagnement scolaire de Pass s'intégre-t-il au dispositif de réussite éducative (DRE) ?

Isabelle : Nous proposons un accompagnement à la scolarité auprès de 30 enfants du quartier. Il ne s'agit pas d'aide aux devoirs mais d'un suivi de chaque enfant par un bénévole référent en lien avec sa famille et avec les enseignants de l'école. Le bénévole référent consacre chaque semaine du temps (environ 2 heures) à l'enfant pour des échanges, pour des activités ludiques et culturelles. Par le jeu, la lecture ou les sorties, le but est d'ouvrir l'enfant à des choses qu'il ne connaît pas ou que sa famille ne connaît pas. Un contrat d'engagement est signé entre Pass, la personne bénévole, l'école et les parents. Le lien entre les acteurs et la famille se fait au travers d'une fiche de suivi. Avec la CSF, l'Afev et la Maison de l'enfance de Bachelard, nous sommes quatre structures à assurer cette mission sur le quartier, chacune avec ses spécificités. Nous nous coordonnons pour orienter les enfants vers l'accompagnement adapté. Cela permet d'éviter que des enfants soient sur plusieurs dispositifs à la fois.

Vos actions de lien et d'ouverture prennent-elles d'autres dimensions sur le quartier ?

Isabelle : Nos actions d'accompagnement scolaire nous amènent vers d'autres projets qui mobilisent les enfants et leur famille et qui sont aussi des occasions d'ouverture et d'apprentissage. L'idée est de montrer que l'on peut apprendre et s'informer hors du cadre scolaire et des cahiers. Les enseignants nous ont d'ailleurs rapporté les effets sur les cours de ces projets car les enfants viennent avec de nouvelles histoires à raconter, alors qu'ils sortent rarement du quartier. Mais cette action devient difficile à monter car nous n'avons pas de financements pour cela.

Véronique : Tout comme l'accompagnement scolaire, les ateliers de français sont un prétexte à d'autres activités qui engagent un lien entre les participants mais aussi vers les habitants du quartier. L'an passé nous avons effectué un travail collectif sur la propreté urbaine. Cette année, ce sera sur le patrimoine, avec l'association Histoires de et avec les écoles du quartier. Le lien se fait mieux avec les enfants et leur projet scolaire. Les adultes des ateliers de français comprennent ainsi ce que veux dire apprendre.

Quelles difficultés rencontrez vous aujourd'hui ?

Véronique : Un peu comme toutes les associations : si on avait plus de moyens on pourrait faire mieux et/ou plus. Bien que quatre structures assurent l'accompagnement scolaire sur le quartier, nous laissons cette année 10 enfants sans solution. La structuration et la professionnalisation des associations ont fait évoluer dans le bon sens nos actions. Nous travaillons de plus en plus les uns avec les autres, notre action est reconnue par les habitants. Nous aimerions pouvoir nous projeter dans l'avenir. Mais que ce soit pour les ateliers de français ou pour l'accompagnement scolaire, avec les moyens que nous avons, nous ne pouvons pas faire un travail de fond et accueillir tous ceux qui en ont besoin. Pour nous, c'est aujourd'hui dévalorisant de voir nos enveloppes réduites et d'avoir à compléter des pages et des pages de dossier de demande de financement sans illusion. Aujourd'hui on nous demande de retourner à du travail bénévole.

Pass fait régulièrement appel à des personnes bénévoles qui ont du temps à consacrer chaque semaine auprès d'un enfant.

Vous pouvez les contacter : PASS Promotion par l'Accompagnement Scolaire et Social

 

 

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