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Accompagnement scolaire : quelle place pour les associations ?

Source : AlpeSolidaires

Les associations proposent depuis de nombreuses années des activités de soutien scolaire. Huit mois après la mise en place du dispositif d’accompagnement éducatif, comment celui-ci s’articule-t-il avec l’existant ? Les moyens consacrés à cette action sont importants, mais des questions restent posées quant à son efficacité et à sa coordination. Les associations n’ont pas perdu de leur intérêt dans ce dispositif et ont toujours un rôle à jouer.

L’action des associations : une approche locale et éducative

Les associations d'aide aux devoirs sont le plus souvent bien ancrées dans leur quartier, entretenant des relations régulières avec les familles. Elles accompagnent de nombreux enfants, et peuvent les accueillir plusieurs fois par semaine. Ce travail éducatif est réalisé par des personnes bénévoles ou des personnes rémunérées, étudiantes ou retraitées. Ces associations organisent souvent, en complément, des sorties culturelles ou sportives (voir en exemple le reportage sur l’association Osmose basée à la Villeneuve . Leur implication locale contribue à susciter l’échange de savoir-faire avec l’envie d’impliquer davantage les parents pour organiser notamment des ateliers (cuisine, peinture, etc.). Elles créent ainsi un autre rapport à l’apprentissage et à l’école en donnant aux enfants le goût d’apprendre, d'acquérir des méthodes de travail et de développer ainsi leur autonomie. Leur suivi est soit individuel soit collectif et se fait en étroite collaboration avec les familles et les établissements scolaires.

Quelle articulation avec le dispositif d'accompagnement éducatif ?

Le dispositif de réussite éducative a été défini par une circulaire du 13 juillet 2007 , complétant celle du 9 janvier. Les grandes lignes sont accessibles sur le site de l'Education Nationale . Le dispositif vise à renforcer l'aide aux devoirs et aux leçons (65 % du temps prévu), la pratique sportive (15 %), la pratique artistique et culturelle (20%) des enfants des collèges. Il s’agit de proposer aux élèves volontaires, toutes classes confondues, une séance de deux heures, après la classe, quatre jours par semaine. Les élèves peuvent à ce moment soit approfondir le travail fait en classe, soit faire leurs devoirs. Selon les possibilités des établissements scolaires, les élèves pourront s’initier à différentes pratiques sportives, artistiques ou culturelles. Le dispositif prévoit un budget de 140 millions d’euros dans le cadre de la loi de Finances pour 2008.

Cet accompagnement éducatif peut être réalisé par des enseignants volontaires (rémunérés en heures supplémentaires), des assistants d’éducation ou bien des intervenants extérieurs, dont des associations. Le temps passé par les enseignants devraient atteindre les 1.2 millions d’heures dès la 1ère année.

L’accompagnement a été mis en place à la rentrée 2007 dans les collèges en zone d’éducation prioritaire (1119 établissements, dont 257 dans les réseaux ambition réussite « ambition réussite »), ainsi que dans 306 établissements ne relevant pas de l'éducation prioritaire. Il s’étendra à tous les collèges en 2008, puis à tous les lycées et écoles.

Le dispositif réussite éducative en questions

Mobilisant également la participation des collectivités locales et des associations, le dispositif a soulevé l'inquiétude de ces derniers notamment au sujet des financements : comment seront financés les services nécessaires à ce dispositif, tels que la mise à disposition d’équipements sportifs, les transports scolaires ? Et qui doit assurer la coordination des différentes interventions et temps dédiés à cet accompagnement éducatif ?

Autre point, compte tenu du cycle d’apprentissage de l’enfant, le ciblage sur les collégiens est-il pertinent ? La période de l’école primaire, souvent celle où les écarts se creusent, ne serait-elle pas plus indiquée ? Cette question est d'autant plus importante que sur la base de la participation volontaire ce ne sont pas toujours les publics ciblés en priorité que l'on retrouve sur les temps financés par le dispositif. Au bout de 8 mois d’expérimentation, 41% des élèves de 6e participeraient chaque semaine aux activités.

Mais il suscite aussi l’inquiétude des associations qui pourraient à terme perdre leur public, ce qu’il se produit déjà dans certains quartiers en France.

Une complémentarité à expliquer

Par rapport à certains de ces inquiétudes, le ministre de l’éducation nationale rappelle qu’il ne s’agit pas de remplacer les dispositifs déjà existants, « mais d'organiser l'accompagnement éducatif en coordination et en complémentarité avec les collectivités territoriales et les associations ». Il reconnaît par ailleurs l’importance de l’intervention des associations dans le domaine éducatif. Il a de même annoncé que ce travail pouvait être soutenu, notamment pour l’aide aux devoirs, et que 15 millions d’euros sont prévus pour 2008 afin de rémunérer entre autre les interventions associatives.

Hormis le financement de cette action, un travail d’explication est à faire, auprès des familles notamment. L’association et l’école ont chacune un rôle à jouer. Quand l’école travaille sur le résultat, l’association apporte elle une proximité. Elle seule peut répondre aux problèmes de saturation des enfants par rapport à l’école.

Forte de leur expérience et de leur travail en réseau (autres associations, collectivités locales, établissements scolaires), les associations ont une place à prendre dans l’accompagnement éducatif, d’autant plus qu’environ 40% de ce dispositif n’est pas encore encadré.