1ère Université de printemps pour le syndicat ASSO – Solidaires

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Ouvertes à tous, ces rencontres se sont tenues sur Grenoble fin mai pour défendre les conditions de travail des salariés du secteur associatif dont une des particularités réside dans un fonctionnement précaire en contradiction avec un engagement bénévole fort.  
 
« Comment lutter, à l’ère néolibérale ? », ainsi s’intitulait le rassemblement qui s’organisait autour de différentes tables rondes autour des thèmes : « comprendre contre qui et quoi lutter et les modèles possibles » pour mener cette lutte. Tour à tour la souffrance au travail, les mécanismes d’auto-exploitation par les salariés, et les systèmes de précarisation du travail ont été abordés.
Des focus aussi, comme les particularités du salariat dans le monde associatif liées aux missions d’intérêt général se rapprochant des services publics et les formes de résistances face au dispositif de service civique, statut dérogatoire du droit du travail.
Comment en regroupant les travailleurs et leurs revendications, le syndicat Asso, crée en 2010, entend défendre les conditions de travail des salariés associatifs en leur donnant du poids pour être représentés sur la place publique et faire entendre leurs voix était au cœur des débats.
 
 
La journée du 25 mai
 
Lucie Bellotto, permanente du syndicat Asso nous explique comment le quotidien de la vie d’une association basé essentiellement sur la recherche de financement rend précaire ses actions. Elle aborde également le rapport complexe entre dirigeants bénévoles d’association et travailleurs salariés qui participe à la dégradation des conditions de travail de ces derniers.
 
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Flora Marchand, quant  à elle, syndiquée à Asso Bordeaux, nous décrit comment son manque de connaissance du droit du travail et son rôle en tant que salariée principale responsable de projet l’ont conduit à accepter des conditions de travail précaires.
 
 

 
 
Flora Marchand précise la bascule qui s’opère dans le financement des associations : non plus subventionnées pour leur fonctionnement et la rémunération de leurs salariés mais sur la base de projets impliquant pour celles-ci de recourir massivement à d’autres contrats que des contrats de travail « classiques », de droit commun, tels que les services civiques.  
 
 

 
 
Frédéric Amiel d’Asso Paris, également chercheur, porte un éclairage sur les mécanismes que décrit Flora, qu’il qualifie d’« auto-exploitation » et amènent les salariés à accepter des conditions de travail dégradées. Le phénomène est alimenté par le lien complexe entre dirigeant et salariés, les premiers étant bénévoles alors que les seconds considérés comme salarié au statut privilégié.  
 
 

 
 
Enfin, Danièle Demoustier nous explique en quoi le tissu associatif, au départ, ne générait pas d’activité économique pour ensuite se positionner comme vendant des services. Elle explique également la façon dont les collectifs de salariés et même les salariés et employeurs associatifs entre eux peuvent créer des alliances pour défendre leurs droits ainsi que le modèle associatif.
 
 

 
 
Des perspectives
 
Les débats ont engagé leur réflexion sur de nouveaux modèles pour continuer à mener les actions associatives. Et des questions : «  Ne devons-nous pas réclamer la fin du salariat et le passage à une autogestion réelle, une transition vers le modèle des coopératives ou la mise en place du salaire à vie ? »
Ainsi qu’une autre, complémentaire : Y a-t-il une place pour différents statuts (salarié, autoentrepreneur...) dans les associations ? Et l’idée sous-jacente de transformation des associations en « entreprises associatives », auquel cas le questionnement posé au préalable des rencontres demeure : le modèle associatif continue-t-il d’être le cadre pertinent pour défendre des missions d’intérêt général ?
 
 
 

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